Le modélisme pour comprendre l'architecture de la mode

Le modélisme pour comprendre l'architecture de la mode

Dans mon précédent article, je partageais avec vous quelques instants de ma vie qui avaient nourris mon amour pour la couture. Stabilisée professionnellement, j'ai à présent tout le temps libre nécessaire pour apprendre la “couture”. J'emploierai le mot couture comme terme généraliste pour la confection d’un vêtement en général (de l’idée à la recherche du modèle en passant par le choix du tissu, le patronage etc.).

Avoir une vision d’ensemble des métiers de la mode

Dans la mode, il n’y a pas que le consommateur, les marques et la couturière. Il y a des centaines de métiers qui gravitent autour du mot “mode”. J’ai eu le plaisir, au fil de mes recherches durant ces deux dernières années :

  • de découvrir des chercheurs passionnés par l’histoire de la mode, d’assister à leurs séminaires, de lire leurs publications scientifiques ;

  • de visiter énormément d’expositions de mode et vu beaucoup de vidéos sur internet. J’ai découvert le métier de “curateur”, de scénographe, de conservateur de musée, de retoucheurs de pièces mais aussi des photographes de mode ;

  • d’écouter des podcasts passionnants sur les métiers des maisons d’arts, de tomber sur l’école Lesage à Paris, de me promener dans une cour intérieur où se cachait l'atelier d'un teinturier parisien réputé ;

  • de visiter le musée du tissu à Lyon et d’en apprendre un petit peu plus sur le patrimoine lyonnais en matière de soierie ;

  • d’apprendre qu’en sortant d’étude de mode, on pouvait être couturière, retoucheuse, styliste, acheteuse, patronnière, modéliste, gradeuse, plumassière, brodeur etc., journaliste, faire une thèse, designer tissus, travailler dans un bureau de style etc. ;

  • de me rendre au salon Salon Créations & savoir-faire, Marie Claire Idées qui réunit les grandes marques de patrons de couture indépendantes, de voir toutes l'effervescence autour du monde de la couture,

  • de visiter Stockman à Paris, de marcher devant les écoles de mode et d’apercevoir les mannequins, bustes de couture, de voir les gabarits suspendus, les toiles, de faire tous les vendeurs de tissus à Paris, de lister les adresses des anciennes maisons de couture parisiennes et d’aller me promener le dimanche matin très tôt dans le calme. Me mettre devant le bâtiment et imaginer la devanture, le travail des couturières à l'intérieur du bâtiment.

Je me suis sentie nourrie et en même temps, submergée par toutes ces informations. Je ne savais pas vraiment où donner de la tête :

  • J’adore l’histoire de la mode ;

  • Je suis nulle en dessin ;

  • J’aime bien coudre de temps en temps mais ce n’est pas non plus mon passe-temps favori. J’aime les robes et pour cela je dois coudre. 

  • J’ai énormément de plaisir à voir un vêtement en 3D et à essayer d’imaginer le tissu à plat et tout le processus de création.

Une spécialité qui se démarque des autres

Ce qui m’a le plus marqué, c’est l'architecture du vêtement. Comme je l’ai dit précédemment, voir un vêtement en 3D et réfléchir à comment cette manche bouffante a été faite en m’imaginant le patron, ça me plait véritablement. C’est vraiment le fait d’avoir une idée en tête et d’être capable de manipuler le tissu de telle sorte que l’idée devient réelle. Je vois ça comme un exercice de gymnastique intellectuelle et visuelle type origami. Je me souviens que lorsque j’étais enfant, je passais des heures avec ma mère à faire de l’origami pour aider une personne à reprendre le contrôle du mouvement d’une de ses mains. Je pense qu’il y a aussi un peu de DIOR qui est passé par là : J’ai vu cette vidéo et je suis tombée amoureuse du travail de moulage.

Lorsque l’on souhaite se faire sa propre garde-robe, on commence souvent par bouquiner le magazine Burda Style, la référence en matière de couture maison. Cependant, je me suis rapidement rendue compte que le style ne me conviendrait pas souvent car c’est assez classique ou répétitif. Je me suis donc tournée vers les patrons de couture les plus connus genre Vogue, Mc Call’s, Simplicity. Là encore, j’ai l’impression que ces marques là n’ont fait de réels efforts pour faire des modèles sympas que depuis l’arrivée des marques de patrons de couture indépendantes. La multiplication de ces dernières depuis quelques années nous permet d'avoir à présent un large choix de patrons, surtout en France. J’adore leur boulot qui m’a l’air tellement complet et passionnant entre imaginer un modèle, le concevoir sur patron, le packaging, les réseaux sociaux, l’après-vente, les salons, les tutos sur internet.

Mais là encore, on dépend du style de la marque. C'est toujours ce lien de dépendance qui me dérange. Quitte à apprendre à coudre, autant apprendre la confection d'un vêtement depuis l'idée. Il fallait donc que j’apprenne coûte que coûte à créer mes vêtements sur mesure que j’imaginais et dont je ne trouvais pas de patrons de couture proche de mon idée.

Mais devais-je entrer dans une école ou apprendre seule ?