What I made : la blouse Anderson de Sew Over It

What I made : la blouse Anderson de Sew Over It
Crédit photo : lelaboratoiredelamode.com

Crédit photo : lelaboratoiredelamode.com

C’est avec le plus grand plaisir que je vous parle enfin en détail de cette dernière confection qui m’a pris une éternité ! Moi qui pensait que modifier des manches serait simple, je n’avais pas idée de la masse de travail qui m’attendait.

Le patron et la couture

Cela faisait un moment que j’avais le patron de la blouse Anderson de Sew Over It dans ma “patronthèque”. Comme je l’avais expliqué dans l’article de décembre 2018 “Inspiration pour blouses romantiques”, je souhaitais une blouse cache-cœur en m’inspirant de diverses images trouvées sur Pinterest. Il fallait également que je modifie les manches proposées de style classique, pour en faire des manches plus larges et bouffantes.

Première étape : le corsage

J’ai débuté par une toile du corsage afin de pouvoir rajouter les manches modifiées. J’étais encore une fois bien contente d’avoir pris le temps de faire cette étape une toile car elle nécessitait des ajustements. Les toiles permettent non seulement de voir les ajustements nécessaires mais également de faire des essais de nouvelles techniques afin de ne pas gâcher le tissu final. Cela demande plus de temps mais je n’ai jamais entendu quelqu’un regretter d’être passée par cette étape.

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  • L’encolure montait trop haut au niveau du cou ce qui faisait un drôle d’effet sur le haut du dos, comme si j’étais bossue. Il y avait trop de tissu. J’ai donc enlevé 2 cm au col pour la pièce du dos.

  • J’ai dû reporter cette différence sur les deux pièces de devant. Pour cela, j’ai augmenté les fronces en ajoutant 2 cm de fronces pour chaque pièce devant.

Jusqu’à la, pas trop de difficulté.

Seconde étape : les manches

C’est là où c’est devenu complexe.

Tout d’abord, les manches étaient “tombantes” parce que la ligne épaule était trop longue pour moi. .C’était probablement le style recherché car en regardant attentivement les différentes cousettes à travers le monde, l’effet “manches tombantes” était bien présent (à mes yeux en tout cas). Comme j’allais transformer la manche classique en bouffante, je ne pouvais pas garder cet effet tombant qui aurait pu déséquilibrer l’harmonie générale du vêtement. Je ne savais pas trop quoi faire. Finalement, en raccourcissant la ligne d’épaule comme expliqué plus haut, j’ai réussi à obtenir la bonne mesure d’épaule.

Puis, je suis rentrée dans le vif du sujet. J’ai débuté par faire un essai de manche bouffante au niveau de la tête de manche (voir l’article ici). C’était pas trop sorcier à patronner et à coudre. Mais finalement, je préférais rester sur une tête de manche non modifiée et toucher au bas de la manche uniquement. Après avoir parcouru les vidéos youtube sur le sujet, j’ai fait un premier essai avec la manche extra-méga bouffante. Le résultat était pas mal. Le souci auquel je n’avais pas pensé était le poignet. Qu’allais-je faire ?

  • Pour le poignet, je me suis dit que j’allais froncer tout le bas de la manche déjà bien bouffant, comme pour la blouse Ana. J’ai essayé et le résultat était pas terrible. Trop de volume, trop de tissu, trop de fronces.

  • DONC, essai numéro je-ne-sais-plus, j’ai abandonné la manche. Je me suis inscrite aux cours de University of fashion car ils proposaient un cours très précis sur la manche bishop. J’ai décidé de repartir sur de nouvelles bases en faisant une énième toile pour la nouvelle manche que j’allais terminer proprement par un poignet classique comme proposé dans le patron mais plus large. Le cours, bien qu’étant complètement en anglais était super facile à suivre. J’ai également réduit le volume de la manche par rapport à la précédente toile parce qu’après, il fallait que je fronces tout ça pour que ça rentre dans la pièce qui allait devenir le tour de poignet.

  • Enfin, je finis le poignet avec une fente indéchirable (j’ai essayé cette technique plusieurs fois sur des chutes, ce fut une belle catastrophe !) et je décide de rigidifier le poignet avec de l’entoilage thermocollant. Bon, le montage manche-poignet était plutôt propre. Sauf que 1) il manquait bien 0,5 cm au niveau du poignet pour fermer les boutons sans couper ma circulation sanguine et 2) en ouvrant les boutonnières, ba c’est comme si j’avais coupé du beurre. J’ai eu l’impression que l’entoilage avait plus fragilisé mon tissu qu’autre chose (j’ai déjà fait plusieurs boutonnières pour la bouse Ana et je n’ai eu aucun problème sur le plumetis de coton sans entoilage. Petite crise de désespoir, j’ai refait les poignets sans l’entoilage thermocollant mais j’ai fait un truc que j’ai vu sur une de mes chemises achetée dans le commerce : sur l’intérieur du poignet, j’ai cousu des lignes droites. Ça avait l’air de rendre le poignet un peu plus rigide.. Bon, honnêtement, je pense que c’était plus décoratif !

Le tissu

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Pour la couleur, je recherchais du claire, si possible du blanc qui va avec tout (je suis adepte du jeans levis 501 + t-shirt blanc ou blouse blanche, c’est pas compliqué, ça fait habillé et en même temps décontracté, c’est parfait !).

Pour le tissu, je pensais à quelque chose de naturel comme du coton, du lin ou de la soie. Pour la soie, je me suis vite calmée sur ce dernier choix vu le prix et la difficulté à dompter la matière. Pour le lin, je n’étais pas certaine du rendu car il me fallait un tissu fluide. Donc il ne me restait plus que le coton. J’ai découvert qu’il y avait tellement de possibilités avec le coton que j’étais un peu perdue entre le satin de coton, le crêpe de coton, le chambray etc.

J’essaie d’acheter du tissu fabriqué en France (savoir d’où provient le tissu et la matière première n’est vraiment pas simple). En tapant sur le net “tissu coton fabriqué en France”, je suis tombée sur le site de AmandineCha qui fabrique des tissus biologiques en France. Je ne pouvais espérer mieux ! Je n’avais pas en tête de faire un vêtement éco-responsable et je ne pense pas que ça le soit (vu la quantité de papier utilisé pour finaliser le patron et les chutes avec lesquelles je ne sais jamais quoi faire. J’essaie simplement lorsque je confectionne un vêtement, de réfléchir à chaque étape à la juste quantité de tissu et de papier, à qui bénéficie mon achat de tissu, de patron, à l’impact sur l’environnement etc.

J’ai donc d’abord commandé 5 échantillons de tissus. J’hésitais entre le satin et le crêpe puis finalement j’avais déjà cousu du crêpe alors j’ai choisi cette option. Il n’y avait pas de blanc malheureusement alors j’ai pris du écru en espérant que ça ne fasse pas effet “toile à patron”. C’était ma première commande chez Amandine Cha, je trouve que les prix sont raisonnables pour de la très bonne qualité, biologique et fait en France. La livraison était rapide et soignée et toujours un petit mot de remerciement accompagné ce qui rend les échanges plus humains !

Le résultat final

Afin que la blouse soit adaptée à ma morphologie, il est nécessaire que je marque ma taille. La blouse se porte très bien rentrée à l’intérieur d’un pantalon taille haute ou d’une jupe.

Quant au tissu, il est agréable à porter et correspond tout à fait à l’esprit romantique que je recherchais.

Ce que je ferai différemment

  • Il y a encore trop de tissu sur les pièces devant. Au lieu de froncer 2 cm de plus au niveau de l’épaule, je les enlèverai.

  • Je referai les poignets afin qu’ils soient mieux finis.

  • Je rajouterai un centimètre en bas de la blouse.

  • J’ajouterai un bouton pression au niveau de l’encolure.

  • J’utiliserai un tissu plus léger et augmenterai l’ampleur du bas de manche.

  • Je rajouterai des boutons plus petits pour les manches.

J’ai publié d’autres photos de cette blouse (ici, , et encore !)et je vous mets en lien juste ici toutes les créations de cette blouse trouvées sur Instagram !