A sewing story

A sewing story

Mon amour pour la couture ne date pas d'hier. Aussi loin que je me souvienne, il y a eu des moments clefs dans ma vie qui ont fait grandir mon intérêt pour la couture et la mode en général.

En 1989, je venais au monde, créant ainsi un lien indéfectible avec la personne qui allait m'influencer tout au long de ma vie : ma Maman. Elle était blonde aux yeux d'un bleu profond et moi, tout son contraire. Je me souviens de la photo de mariage qui trône dans le salon : ma mère était habillée en smoking blanc, refusant de porter la traditionnelle robe blanche. Je crois qu'elle aimait se distinguer et n'en faisait qu'à sa tête (c'est peut-être pour ça que Papa décida de l'épouser ?).

Je me souviens du bruit de sa machine à coudre Singer Mélodie 60, blanc cassé. Elle passait des heures à coudre, c'était son passe-temps favori depuis toute jeune. Durant ce temps, je bouquinais son livre "La Coupe d'Or". Je tournais les pages afin d'admirer les dessins rétro.  Ils me fascinaient, tout comme les images de patrons de couture qui accompagnaient ces figurines. Aujourd'hui, dès que je vois ce genre d'illustration de mode, j'ai l'impression de retourner 20 ans en arrière. Je n'y comprenais pas grand chose mais je me souviens qu'un soir elle m'a expliqué de la façon la plus simple possible pour que je comprenne malgré mon jeune âge, la technique de la Coupe d'Or. C'est resté endormi dans un coin de mon cerveau jusqu'à récemment où j'ai croisé le vendeur de la Coupe d'Or dans un magasin.

Aujourd'hui, j'ai hérité de sa machine à coudre encore en excellent état depuis le temps. C'est le cadeau le plus précieux que l'on ait pu me faire.

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Je garde l'image d'une femme élégante, apprêtée dans le style des années 90 et souvent en robe ou jupe parce qu'elle a de très belles jambes et savais les mettre en valeur tout en restant sophistiquée. C'est sans doute de là que provient mon amour pour les robes. Il n'y a rien de plus élégant qu'une femme portant une robe simple, des talons et un sourire. D'ailleurs, mes sœurs me disaient que lorsque j'étais petite, j'avais toujours de jolies robes d'été.

Un moment qui m'a également marqué durant mon enfance était le film Cendrillon, plus particulièrement quand elle crée sa robe de bal avec les souris et oiseaux. Je me souviens encore du moment où la petite souris dit à ses amis qu'ils peuvent créer la fameuse robe à temps avant la réception qui allait changer la vie de Cendrillon. Dans le livre d'instruction, sur la page gauche se trouvaient les différents morceaux qui composaient la robe et sur la page de droite, l'illustration de la robe finie. Un vrai p'tit Burda à l'ancienne ! Je pense que cette séquence a du marquer beaucoup de jeunes filles à l'époque. Et j'espère profondément que c'est encore le cas aujourd'hui.

On arrive à l'adolescence. J'étais plutôt bonne à l'école. Ma famille me demandait ce que je voulais faire plus tard. Strictement aucune idée. J'adorais les chiens et ils me suggéraient de devenir vétérinaire. Je préférais le métier d'éleveuse canin pour passer mes journées à câliner les chiens. Ou volcanologue (rien à voir !). Une de mes sœurs a évoqué le métier de styliste. Je n'ai jamais creusé la question parce qu'à l'époque, j'étais timide, avec un style féminin et quand je regardais les défilés de mode, je ne comprenais rien à ce qu'il se faisait. Je me suis dit qu'avec mon style, je ne pourrais jamais trouver de l'inspiration pour créer des choses farfelues et absolument pas portable dans la vie de tous les jours. De plus, j'avais entendu que le monde de la mode était difficile, qu'il y a beaucoup de concurrence, qu'on se tirait dans les pattes. Je n'avais pas non plus envie de m'embarquer dans des études très spécifiques (à l'époque, je ne savais pas non plus qu'il y avait des centaines de métiers différents dans la mode. Je pensais qu'on était juste styliste pour créer ou couturière pour coudre).

Je passais également mes dimanches soirs devant M6 à regarder l'émission Capital que j'a-do-rais. Les immersions dans le monde industriel, les enjeux commerciaux, les success story etc. Tout ça me donnait plus envie de faire une école de commerce qu'une école de mode.

Je me suis donc dirigée vers une licence en droit puis un master en école de commerce, comme je le souhaitais. On ne va pas se mentir, j'ai bien senti passer mes années en fac de droit et il n'y a pas un jour où je me disais : " Laisse tomber, va en école de mode". Mais je n'ai jamais eu l'audace de sauter le pas, je voulais finir mon droit pour aller en école de commerce étudier tout ce qui touchait de près ou de loin au business. Je m'étais dit qu'en parallèle, j'allais apprendre à coudre, mais mes études étaient difficiles prenantes et je n'arrivais pas à prendre du temps pour ce hobby. Je me disais qu'il fallait que je passe tout mon temps sur mes cours plutôt que de perdre du temps à apprendre la couture. Cependant, je me suis promise qu'une fois mes études terminées, j'apprendrais à coudre. En attendant, je me constituais toute la panoplie de la parfaite petite couturière et finissais mes études avec pratiquement tout le nécessaire pour coudre. Je regrette de ne pas m'être forcée à apprendre à coudre durant mes études, j'aurais pu avoir déjà 10 ans d'expérience.

J'ai trouvé mon premier emploi et ai mis quelques temps avant de me lancer réellement dans la couture. J'ai commencé par lire énormément de livres sur l'histoire de la mode, visiter une bonne vingtaine d'expositions sur le sujet, participé à des séminaires à Paris, lisais des romans sur la couture, regardais des films des années 50 pour le style vestimentaire de l'époque. Je continue toujours de faire cela aujourd'hui. Je me suis nourrie de tout ce qui touchait de près ou de loin à la mode et pris le temps d'affiner mon projet "extra-professionnel" pourrait-on dire.

 Paris - Juin 2017 - Exposition Mark Shaw @ la Galerie MR14  Crédit photo : @lelaboratoiredelamode

Paris - Juin 2017 - Exposition Mark Shaw @ la Galerie MR14

Crédit photo : @lelaboratoiredelamode

J'ai découvert qu'il existait énormément de métiers dans le domaine et que j'étais vraiment emballée par l'architecture d'un vêtement.

Il me faut donc à présent me lancer.

Mais par où commencer ?

 

A.